10 novembre 2006
par JDCh


La SNCF déraille


Ci-dessous article très instructif paru ce vendredi dans Les Echos.

Quelques remarques:
  • comme je l'avais indiqué dans Retraites du secteur public..., EDF et GDF seraient sans doute également en faillite virtuelle si un tour de passe passe n'avait pas mis à la charge des salariés du secteur privé le coût astronomique des retraites de nos Electriciens et Gaziers ;
  • les quelques 8 milliards dont on parle ne représentent que le surcoût liés aux avantages acquis depuis 1990 par nos chers Cheminots ! Il y a déjà plus de 100 milliards qui sont à la charge de l'Etat (donc de nous tous !);

  • les normes IFRS obligent à provisionner les "dépenses futures et certaines", il s'agit donc des "pertes futures et certaines" de la SNCF: je rappelle que "créer de la valeur, c'est optimiser les profits futurs". Beau contre-exemple !

  • le graphique inclus dans l'article prévoit toujours 167.000 Cheminots en activité en 2040: est-ce vraiment raisonnable ?!

  • si vous êtes contribuables, vous avez déjà assumé 100 milliards, si vous êtes salariés du secteur privé vous allez sans doute vous voir imputer 8 milliards et, comme il n'y aura pas les moyens d'augmenter les impôts ou les cotisations, si vous êtes jeunes, ca va durer très longtemps !

A quand la mise en redressement judiciaire de la France ?



La société reconnaît que, sans réforme du financement des retraites avant le 1er janvier 2007, elle devra constituer, en application des normes IFRS, une provision, la mettant virtuellement en faillite.

Avant d'aborder le débat sur le maintien du régime spécial des retraites dont bénéficient les cheminots, en 2008, la SNCF doit dans l'immédiat s'atteler à en pérenniser le financement.

Auditionnée par le rapporteur du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), publié ier, la société nationale reconnaît que, « si aucune réforme du inancement du régime 'intervient avant le 1er janvier 2007, [elle] evra constituer une provision au passif de son bilan de l'ordre de 9 milliards d'euros et, faute de fonds propres suffisants, présenter alors une situation nette négative ». Ce qui équivaut une faillite virtuelle.

Trouver une issue à ce problème est des plus délicats. Les services de la compagnie y travaillent depuis plusieurs mois avec ceux de l'Etat. Il faut non seulement que la solution n'ait pas d'impact social sur les droits des cheminots et préserve les comptes, tout en étant également indolore pour le budget de l'Etat. A défaut, celui-ci se trouverait en difficulté vis-à-vis de Bruxelles. Le problème est, au départ, uniquement comptable. En effet, à compter du 1er janvier 2007, l'entreprise ferroviaire devra publier ses comptes en normes IFRS. Aujourd'hui présentés en hors bilan, pour 8,2 milliards d'euros (au 31 décembre 2005), les engagements de retraite seront, en vertu de ces nouvelles normes, déduits des capitaux propres, qui s'élevaient à 4,8 milliards à la fin de l'an dernier.

Les sommes en cause concernent le surcoût du régime de retraite des cheminots revenant à la charge de la SNCF, soit 8,2 milliards sur les 105 à 108 milliards que représentent au total les engagements au titre du régime spécial de retraite des cheminots. Depuis le règlement européen de 1969 relatif aux règles communes pour la normalisation des comptes des entreprises de chemin de fer, l'Etat a pris à sa charge l'équilibre financier du régime, la société nationale acquittant un taux de cotisation «normalisée », fixé depuis 1991 à 36,29 % de la masse salariale. Sur les 4,5 milliards de charges de retraites versés en 2005, elle a ainsi financé 1,8 milliard et l'Etat 2,6 milliards. En revanche, comme le précise le rapport annuel du groupe, « les nouveaux avantages propres au régime SNCF créés depuis 1990 par rapport au régime de référence sont à la charge de la SNCF et de ses salariés. Pour l'année 2005, le taux financé par l'entreprise est de 5,02 % de la masse salariale ». Ce qui correspond à un engagement de 8,2 milliards.

Vu le calendrier électoral, le fait que les premiers comptes de la SNCF en normes IFRS soient ceux du premier semestre - ils seront arrêtés le 31 août 2007 - pourrait inciter le gouvernement actuel à laisser traîner le dossier. Entendue par le rapporteur, la Caisse nationale d'assurance-vieillesse estime que, «compte tenu de la difficulté avérée de cet exercice et de la nécessité absolue de trouver une issue en 2007, il est impossible d'attendre que les échéances électorales de l'année prochaine soient passées pour ouvrir des négociations».

Pour en savoir plus http://www.wikio.fr/search=SNCF+Faillite



4 Comments:

At 2:42 PM, novembre 10, 2006, Anonymous Anonyme a dit...

Excellent. Rappeler les principes de l'IFRS, saine action; rappeler les conflits d'interet, sainte action.

Une question naive en passant: mais pourquoi donc n'applique-t'on pas? Corrigez moi si je suis a cote, mais tout simplement ne serait-ce pas parce que la verite (des comptes) est trop difficile a assener d'un seul coup! Ce deficit cumule, transfere au contribuable ou bien au futur retraite (en transferant les regimes speciaux aux caisses de droit commun), cet ensemble ne serait-il pas dans les 2500-2600 Milliards ?

Quid des avances faites a des entreprises par l'Europe ?

Ceci en plus:

SNCF : la plus grande catastrophe (ferroviaire) du monde ?

http://chevallier.turgot.org/a221-SNCF_la_plus_grande_catastrophe_ferroviaire_du_monde_.html

Les deux se completant a merveille on voit bien que le systeme des entreprises publique ne va pas dans le mur mais y est profondement enfonce.

On ne peut pas demander a tout le monde de comprendre mais s'ils pouvaient juste ecouter.

 
At 2:51 PM, novembre 10, 2006, Anonymous Anonyme a dit...

Comme je suis tres naif en lisant votre article et celui cite plus haut tous les deux excellents et pedagogique, j'ai eu un flash: non ce n'est pas possible me suis-je dit?

Voici ce qui m'a traverse l'esprit mais je me trompe sans doute, rassurez moi!

"Les dirigeants de la SNCF cherchent à tromper le public en présentant des comptes qui ne correspondent pas à la réalité. La SNCF devrait donc être déclarée en faillite frauduleuse (puisqu'il y a tromperie sur les comptes)."

Y aurait-il un lien avec Airbus, puisque l'ancien dirigeant de cette catastrophe ferroviaire vint a la rescousse de cette apparente catastrophe aerienne? Non ce ne peut pas!

 
At 2:58 PM, novembre 10, 2006, Blogger JDCh a dit...

Je ne crois pas que les dirigeants de la SNCF souhaitent maquiller les comptes.

On peut même penser que madame Idrac n'est pas mécontente d'avoir cet argument pour engager un dialogue musclé avec ses troupes CGTistes et SUDistes.

Quand à Gallois, il savait très probablement pour ces 8 milliards de pertes à venir mais n'était pas obligé de les déclarer tant que la norme IFRS n'était pas applicable.

 
At 3:11 PM, novembre 10, 2006, Anonymous Anonyme a dit...

Oui mais je suis tres nul en comptabilite mais il me semble toutefois que la difference est important entre les dettes a long terme et celles d'exploitation? Une habille presentation entretient la "confusion" n'appelons pas cela maquillage mais "cosmetologie comptable"

Ce qui est assez interessant c'est en // de regarder les enquetes parlementaires sur le sujet: je conseille cette lecture. Voir egalemùent qui a realise ces enquetes !!! Quant aux conclusions!

Le couple RFF SNCF est a auditer comme un tout comme identiquement LCL (CL) avec le CDR.

 

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