12 avril 2006
par JDCh


Paris est magique !

Ci-dessous l'article de RFI sur la cession du PSG par Canal+ à des fonds d'investissement.

Quelques remarques:

-Butler Capital est à ma connaissance un fonds Français et Colony investit via un véhicule commun avec Eurazeo qui est Français aussi;

-Je trouve la thèse d'investissement osée mais se dire que le PSG sera géré dans une optique plus rigoureuse et moins "danseuse" me paraît une bonne chose;

-Le fait d'associer le savoir-faire immobilier (Concession sur le Parc des Princes, Camp des Loges) de Colony, celui de "retournement" de Butler ainsi que "l'historique" Alain Cayzac paraît crédible;

Pourquoi nos journalistes fonctionnaires jouent-ils toujours les "party poopers" ?


"Paris Saint-Germain vendu aux Américains"

"L'avenir du club du Parc des Princes passe en priorité par le redressement sportif.
(Source : Mairie de Paris)Le grand club de la capitale change de mains. Paris Saint-Germain vient, au terme de plusieurs semaines de négociations avec rebondissements, d'être vendu à un trio d'investisseurs américains: deux fonds d'investissements, Colony Capital et Buttler Capital Partners, et la banque Morgan Stanley. La présidence du club sera confiée à l'actuel président de l'association PSG, Alain Cayzac, dirigeant historique du club. Gage probablement d'une certaine continuité dans le changement.

Alors qu'elle était devenue le symbole de la régénérescence et de la réussite du paysage audiovisuel français, la chaîne de télévision à péage Canal+ qui, depuis sa création sept années plus tôt, avait énormément investi dans le football pour attirer les abonnés, décidait, en 1991, d'acheter le Paris Saint-Germain afin de contrer l'Olympique de Marseille de Bernard Tapie et de donner un grand coup de fouet à ce sport, de le développer à l'italienne ou à l'anglaise, références du moment. Bref d'en faire une vitrine tout à la fois sportive et commerciale. Et la rivalité OM - PSG ne pouvait que renforcer l'attraction du football dans le pays et multiplier, par conséquent, le nombre d'abonnés à la chaîne.

Curieusement, l'incontournable société de communication Canal+ n'a jamais gagné son pari, investissant des sommes considérables (plus de deux cent cinquante millions d'euros de pertes) pour un piètre résultat : une Coupe d'Europe des vainqueurs de Coupes, un titre de champion de France, quatre Coupes de France, et deux Coupes de la Ligue. Pis encore une image écornée par le comportement de hooligans dans les tribunes, d'injures racistes, de bagarres à répétitions. Le temps était venu de se débarrasser du club devenu pour la chaîne une sorte de boulet.

A qui vendre ?

Vendre était devenu une nécessité économique, probablement une obsession, quand bien même les dirigeants du groupe Vivendi, propriétaire de la chaîne, annonçaient mordicus qu'ils ne braderaient jamais les intérêts du club, de la capitale et de son image, et qu'ils rempliraient jusqu'au bout leurs devoirs de propriétaires, qu'ils ne laisseraient jamais se dégrader la situation. Restait à trouver l'acquéreur idéal.

De nombreux individus ou groupes s'étaient portés candidats au cours des derniers mois. Une première transaction avait capoté il y a un an, le repreneur, Francis Graille, alors président en exercice du club, ne satisfaisant pas aux conditions imposées par Canal+. Et puis, ces dernières semaines, les négociations se sont accélérées. Des pactes d'intérêts ont été conclus entre candidats au rachat, mais finalement c'est un montage « made in USA » qui s'est imposé. On y trouve une grande banque d'affaires cotée à Wall Street, un fonds d'investissement spécialisé dans les opérations immobilières et un autre qui investit plus largement, généralement dans des entreprises à la casse qu'il redresse avant de les revendre en enregistrant des plus-values. Pas grand chose à voir avec le football.

En fait, on sait encore peu de choses de cette opération et des intentions véritables des repreneurs, sinon qu'à terme chacun des trois partenaires sera à la même hauteur ( 20% ) dans le capital du club, et que d'autres investisseurs viendront participer au tour de table. On sait également que c'est un des dirigeants historiques du club, Alain Cayzac, qui en assurera la présidence effective. Une garantie de stabilité, au moins au cours des premiers mois car l'émiettement du capital risque de créer, à terme, des dissensions.

L'avenir

La Ville de Paris qui subventionne chaque année le PSG à hauteur de trois millions d'euros s'est félicitée de ce dénouement: « aujourd'hui, c'est une nouvelle page dans l'histoire du Paris Saint-Germain qui s'ouvre », a réagi le maire de Paris, Bertrand Delanoë. Opinion beaucoup plus méfiante de Claude Goasguen, une des figures de proue de l'opposition municipale : « le travail d'un fonds d'investissement, c'est de rentabiliser son activité; si l'opération n'est pas rentable, il revend son bien et part voir ailleurs ».

Il faut désormais redresser la barre sportive pour que le PSG puisse enfin jouer les premiers rôles en France et sur la scène européenne. Cela se fera-t-il sans chamboulement dans l'effectif, dans l'encadrement et dans l'équipe dirigeante ? Sûrement pas. Dans quelques mois le club va devoir s'expliquer devant la justice sur toute une série de transferts douteux et la mise au jour d'un système d'entente entre son équipementier et le PSG destiné à rémunérer des joueurs en économisant sur les charges sociales et l'impôt sur le revenu. Encore un moment difficile à passer pour un club fragile. En vérité son avenir passe en priorité par le redressement sportif. Le Paris Saint-Germain ne sera assuré de sa pérennité que si il relève le défi des résultats.

Coïncidence: au moment où Canal+ vient de régler l'encombrant dossier du Paris Saint Germain, la chaîne M6, seule autre chaîne propriétaire d'un club en France, chercherait à céder, elle aussi, son équipe, Bordeaux."



3 Comments:

At 2:16 PM, avril 12, 2006, Anonymous Anonyme a dit...

Piêtre analyste financier, footballeur des dimanches d'année bisextile, je me permet juste de douter d'une variable stratégique... les compétences sportives ?
Et ceux capables de les avoir et encore mieux, de les transmettre.
Non je ne suis pas Brésilien ;-)
Excellent Blog, lecture hautement recommandée.
Denis

 
At 3:36 PM, avril 12, 2006, Blogger JDCh a dit...

A part l'exception Lyonnaise, les gens qui ont des prétendues compétences sportives en France n'ont jamais démontré de très grandes qualités de gestionnaires...
ceci dit, la thèse d'investissement reste "osée" (on dirait "ballsy" en anglais !).

 
At 9:20 PM, avril 12, 2006, Anonymous Anonyme a dit...

Existe t'il une voie médiane entre le tout marketing d'un real de madrid et le "tout sportif" d'un olympique lyonnais ? je le souhaite à cette équipe car on voit les résulats (l'une étant intrinséquement plus saine que l'autre)
Ce qui me soucie c'est que la gestion des ressources humaines (ô le vilain terme) va s'avérer bien plus critique que dans une boite "classique".
Maintenant, le goût du risque est à encourager, ne serait ce que pour renouveller le PFF (paysage footbalistique français)

Denis

 

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