06 juillet 2006
par JDCh


Interview d'un entrepreneur


Ci-dessous interview de Denis Payre que j'ai croisé la semaine dernière à l'assemblée générale de l'EBG.

Pas de commentaire particulier si ce n'est que,encore une fois, Denis est à la fois pertinent, intelligent et utile...

Interview de... Denis Payre (Kiala): "La classe politique ne comprend pas les entrepreneurs"

par Denis Payre, co-fondateur de Business Objects et de l’association Croissance Plus, président de la société Kiala, dont il est l’un des principaux actionnaires

Vous ne rentrez plus à Paris en septembre. Pourquoi ?

- J’ai décidé de repousser ma décision de rentrer car les perspectives de développement pour mon entreprise Kiala, basée en Belgique, se multiplient partout en Europe. Il est impossible de gérer les équipes à distance et j’ai du mal à imaginer de travailler à Bruxelles tout en vivant à Paris. Je souhaite avoir une vie de famille à peu près normale et j’aurais peut-être pu consentir quelques efforts si le Parti Socialiste n’avait inscrit la suppression du bouclier fiscal comme l’un des enjeux majeurs de son programme présidentiel.

Cette position est-elle vraiment surprenante ?

- Oui, car je connais bien les dirigeants socialistes pour avoir beaucoup travaillé avec eux lorsque je présidais Croissance Plus, notamment Dominique Strauss-Kahn. Certains représentants du PS ont reculé de plusieurs années sur la compréhension du rôle des entrepreneurs dans la société et des entreprises en général. Sur ces questions, nous manquons en France de porte-parole crédible chez les politiques qui choisissent trop souvent la solution de facilité qui est de ne rien faire ou d’aller contre, comme l’a fait François Hollande, en disant qu’il n’aimait pas les riches. Je suis surpris.

Vous avez le sentiment de vous retrouver dans la situation de 1998, lorsque vous vous êtes exilé pour raisons fiscales ?

- Quand je suis parti, je n’avais pas les moyens de payer: 90% de mon patrimoine était sous forme d’actions que je ne pouvais pas vendre. Je n’avais pas le choix. Aujourd’hui, j’aurais la possibilité de revenir, mais je serais confronté à un impôt trois fois supérieur à mes revenus annuels, si le bouclier fiscal était supprimé.

Il n’y a donc plus de place pour le créateur d’entreprise en France ?

- Le problème de fond, c’est l’image de l’entrepreneur et de l’entreprise dans la classe politique et dans la société française. Ce qui est paradoxal puisque le pays est confronté à des déficits importants et à un taux de chômage élevé. Or l’entrepreneur, créateur de richesse est susceptible d’aider à résoudre les deux problèmes. Il génère des flux fiscaux et des flux sociaux. C’est aussi un créateur d’emploi. Il est paradoxal que l’on ne fasse pas tout pour essayer de garder ces gens là. D’autant plus que les cycles s’accélèrent: on crée une première entreprise en France et la deuxième, on part la créer à l’étranger. Voilà le nouveau modèle. On casse la dynamique et tous les serials entrepreneurs s’en vont, les uns après les autres.

-Vous estimez que l’Etat joue mal son rôle ?

- Il y a une réécriture de l’histoire économique en France par des gens qui ne la connaissent pas. Ils nous expliquent que la réussite économique est essentiellement due à l’intervention directe de l’Etat. C’est absolument inexact. La réussite de la France qui a fait que ce petit pays -1% de la population de la planète- est devenu une des premières puissances économiques mondiales, c’est parce qu’à chaque génération il y a des Français ont créé des entreprises. Il y en a eu des dizaines de milliers à chaque génération, qui ont créé Peugeot, Michelin, Cap Gemini Accor… Ce sont ces gens là qui ont fait la puissance économique de la France. L’Etat a joué un rôle en fournissant les infrastructures qui ont permis à ces gens là de réussir. Mais l’on oublie complètement l’importance de l’initiative individuelle d’une poignée de Français, qui figurent ensuite dans les listings des gens les plus fortunés.

Que pensez-vous de la polémique actuelle sur les stock-options des grands patrons français ?

- Il y de vrais comportements déviants d’un certain nombre de chefs d’entreprise qui ne sont pas des vrais entrepreneurs au sens où je l’entends. Un entrepreneur est celui qui crée. Le terme a été détourné habilement par l’ex-président du Medef Ernest Antoine Seillière. Certains patrons ne font rien pour améliorer la situation. Il y a de vrais comportements prédateurs, comme celui de l’ancien patron de Vinci, quels que soient ses mérites par ailleurs. Quand j’ai commencé à militer au sein de Croissance Plus, dans les années 90, le comportement prédateur notoire, qui fut d’ailleurs à l’origine de la loi sur les stock-options, était le P-DG d’Elf Aquitaine: il s’était attribué des stocks options avec une décote gigantesque, générant une plus-value immédiate sans aucune prise de risque. L’Etat avait, donc, considéré les stock-options comme du salaire et les sociétés comme la nôtre qui avaient distribué des stock-options à tous les salariés, se sont retrouvées en danger.

Les Français ont un rapport compliqué à l’argent…

- On voit toujours l’argent comme quelque chose de sale et de malsain, mais ce n’est pas spécifiquement français. En Allemagne, quand on réussit, c’est que l’on a fait quelque chose de mal, et profité de l’autre. On a réussi contre la société. Mais les Allemands ont réussi à surmonter cette suspicion, ils ont notamment supprimé l’ISF.

Etes vous favorable à la suppression de l’ISF, en France ?

- Pas forcément. Il y a un début de consensus sur un élargissement de l’assiette et un taux beaucoup plus bas. Il faut le rendre plus tolérable et faire en sorte qu’il concerne plus de gens. On peut aussi réfléchir à des aménagements, comme de permettre d’investir 50% de son ISF dans des jeunes entreprises. Pour l’heure, cet impôt continue à inciter les gens à investir dans le passé, les œuvres d’art. Il faut aussi prendre en compte le phénomène d’argent papier. Taxer de l’argent virtuel comme s’il était liquide démontre une totale méconnaissance du fonctionnement des entreprises et de l’économie.

Faut-il réformer le droit de succession ?

- Il est peut-être injuste que l’Etat prélève autant, mais exonérer totalement est inapproprié. Il faudrait des incitations à donner. Je suis très admiratif de Bill Gates et Warren Buffett sur ces questions là. Dans une société devenue matérialiste, que les deux hommes les plus riches du monde décident d’adopter cette démarche, je trouve cela remarquable. Je n’ai pas de fondation pour l’instant mais je n’exclue pas d’en avoir un jour. Je cèderai un peu d’argent à mes enfants mais in fine, je serai amené à donner. Quand on a entrepris et réussi, on a le devoir de rendre à la société. Ca n’a pas de sens de garder des sommes considérables pour les céder à ses enfants qui n’ont aucune légitimité pour les gérer.

Vous reviendrez donc en France lorsque la situation de Kiala sera stabilisée ?

- Certainement. Il faudrait aussi que le bouclier fiscal soit pérennisé. Même s’il ne suffira pas à faire revenir beaucoup d’expatriés en France, je m’en contenterai, mais je fais partie d’une extrême minorité. Quand j’ai parlé de mon retour à des entrepreneurs français à Bruxelles, ils m’ont pris pour un fou. Pour ma part, je ne me détermine pas que par rapport à la fiscalité: j’ai des enfants qui ne connaissent pas leur pays, j’ai moi-même très envie de revenir en France. Je me suis donné deux ans.

Propos recueillis par Gilles Fontaine, journaliste à Challenges



9 Comments:

At 12:33 PM, juillet 06, 2006, Anonymous vincent a dit...

Dans le Point de cette semaine, un autre entrepreneur- dans le sens "gros actionnaire de la boite qu'il dirige"- amoureux de la France confie que l'ISF le forcera sans doute à quitter la France quand il prendra sa retraite.

Patrick Ricard, puisqu'il s'agit de lui, fera donc bientôt le bonheur du fisc Belge, et fera profiter de son expérience et de ses capitaux des entrepreneurs pour l'essentiel basés en Belgique.

Après des 10aines d'autres ! et "ils" ne comprennent toujours pas...

Je suis inquiet pour les socialistes: Quand l'idéal de François Hollande sera réalisé ("une france sans riches"), avec quel produit fiscal pourra-t-il se payer les confortables émoluments que la politique lui octroie ? qui pourra me rassurer sur cette terrible incertitude ?

 
At 7:17 PM, juillet 06, 2006, Anonymous Marc a dit...

Essayons de sortir la zone commentaires de cet estimable blog de la dialectique poujadiste qui fait hélas, et très malheureusement de mon point de vue, florès dès que l'on parle entrepreneuriat.

Laissons de côté la thématique du "gaspillage" des ressources publiques et du train de vie de l'Etat.

Rappelons que certains services de l'état (ci-après désignés par "le fisc") ont pour mission de collecter l'impôt qui est ensuite redistribué aux citoyens et habitants de la France sous forme de services, plus ou moins immédiatement valorisables par les contribuables/consommateurs. Ces derniers voient très bien à quoi peut servir une route ou une école, moins à quoi peut servir un député. Mais les deux sont indispensables pour faire tourner une démocratie.

Le fisc prélève de l'argent là où la loi l'y autorise, c'est-à-dire à peu près partout et tout le temps. Il n'a cure des quelques dizaines de fortunes jeunes ou vieilles qui préfèrent la trépidante vie bruxelloise à leurs racines en France. S'ils s'en vont, d'autres les remplaceront. C'est en cela que tout le discours sur la pression fiscale qui fait fuir les entrepreneurs et appauvrit le pays tombe à plat. Si le fisc reçoit instruction de moins taxer les riches, il ne renoncera pas à collecter l'argent, il déplacera simplement l'assiette de collecte vers une autre population. Classe moyenne, héritiers, automobilistes, ou toute autre source de nouvelles ressources. Au risque de sombrer dans le dilemme moral de savoir s'il est préférable de taxer 10,000 grand-mères ou 1 Denis Payre.

L'autre faiblesse de l'argument "fisc ennemi des entrepreneurs" est que le fisc et l'entrepreneur ne raisonnent pas sur le même tempo. L'entrepreneur construit sur le long terme, alors que le fisc a un horizon annuel. Le premier crée et capitalise de la valeur, alors que l'autre n'a qu'un objectif de bouclage de budget (qu'il s'obstine à rater depuis 30 ans d'ailleurs, sans grandes conséquences pour les responsables de cette faillite). Ces deux positions sont irréconciliables. L'Etat Français fait semblant de gérer le pays dans une logique patrimoniale de bon père de famille mais dans les faits, il ne cesse de boire l'argent du ménage et d'emprunter en hypothéquant l'héritage de ses enfants. Et plus les enfants essayerons d'épargner, plus le père indigne privilégiera ses besoins à court terme par rapport à l'intérêt de la famille.

Mais trève de métaphore, la question de la fuite des entrepreneurs est comme celle des RMistes de l'ile de ré redevables de l'ISF*, un révélateur des problèmes de fond:
- quel est le niveau de prélèvements acceptable dans un pays moderne?
- jusqu'où les français sont-ils prêts à réduire leur consommation de services publics au jour le jour?
- quand les fonds propres de la France seront-ils négatifs si l'on n'y fait rien?
- quel est la réelle marge de manoeuvre dans la réduction du train de vie de l'Etat et l'amélioration de sa productivité?
- la collectivité se dotera-t-elle un jour des outils de pilotage dont l'absence conduit au vertigineux déficit actuel?
- les français vont-ils continuer à réélire avec constance les vendeurs de vent, qu'ils soient de Droite, de Gauche ou au Centre, et à sanctionner les diseurs de vérité?

Je suis inquiet.

* une manipulation semble-t-il

 
At 11:26 AM, juillet 07, 2006, Anonymous Anonyme a dit...

Les franxcais adorent leur systeme-bourreau, une forme gravissime du syndrome de stockholm! La lutte etait terminee, ils ont remporte la victoire sur eux-meme ils adorent ce systeme malade; la liberte c'est l'esclavage et l'ignorance c'est le savoir!

Par contraste avec les verites construites ici, montrons la realite! Completons cet excellent blog pedagogique!

Bien du monde vit des meandres des dysfonctionnements! Tout ce petit monde se fiche de l'entreprise, de l'entrepreneur, ce sont des deviances et des deviants dans ce bureaucratiquement correct! L'important est de faire durer ce systeme dont tant de bureaucrates vivent, comme egalement tant de subventionnes vivent (car bien des entreprises ne vivent que par subventions, argent public depense pour seulement resister au chantage a l'emploi, faux entrepreneurs deguiseurs de chomage trouvant les transferts utiles a ce financement et ceci appele marche public -bidonne- et s'appelant eux-meme et fort "entrepreneurs")

Ce n'est pas l'impot qui fait probleme mais son motif comme la culture dans laquelle il est decide puis realise, enfin l'usage auquel on le destine! Mais ceci dit il est evident qu'un seuil est franchi et que le poids devient facteur limitant de competitivite. Mais le plus vicieux n'est pas le seuil!!!

Lorsque l'impot par exemple se transforme en subvention et qu'il tort la logique economique au benefice de votre competiteur, vous qui payez des impots, vous subventionnez -fou que vous etes a votre insue- votre competiteur! Loin d'une anecdote, un cas assez frequent dans le high-tech ou des "machins" ont investi des secteurs, et ou bien du chomage est deguise en realite (ceci expliquant les derives financieres comme les non-exploits technologiques, comme la desinformation autour...) Mais ceci reboucle sur l'endettement abyssal, endettement des nourrissons pour que leurs parents exercent l'activite de leur grand-parents, gardant la culture d'hier, celle du musee; ceci se decline en une grande, une immense mediocrite, une machine fantastique regressive qui rend mediocre a la sortie ce qui est rentre dedans. Une pierre philosophale inverse pour l'exterieur au systeme et qui vu depuis l'interieur est bien orientee puisque le flux financier est derive vers la caste (qui est une forme d'ancien regime ressucite); la machine a rendre mediocre performe parfaitement.

Le fisc n'est donc pas "l'ennemi iconique" des entrepreneurs, il est dans son esprit, sa culture, sa facon "d'etre" une declinaison de ce mal francais a l'oeuvre depuis des generations, ce pays etant malade de son systeme derive de l'absolutisme monarchique, farde en republique, une democratie inachevee (car les politiques sont issus de la haute administration pour ceux qui comptent, avec une cour des fonctionnaires elus, issus de l'education nationale entre autre, puis enfin une solidarite de caste cimente l'ensemble), et enfin une economie jugee depuis tous temps comme element auxiliaire, systeme de boutiquiers besogneux et vulgaires et ignares des rouages subtils de ce montre bureaucratique! L'entreprise n'est toleree que dans des secteurs et pour financer ce systeme, sa cour puis en cercles successifs, tout rendre dependant. Car c'est sur cette dependance que le systeme est fonde, il a besoin de ses pauvres et de ses entreprises dependantes pour exister. L'arrogance y est reine, on y meprise les civilisations de boutiquiers, precisement ceux qui reussissent actuellement et ce monde date, abscons vit tres mal ce declin qu'il cache et il est en ce temps particulierement aigri et dangereux (l'origine exacte de l'anti-americanisme sous-jacent comme identiquement de l'anti-semitisme car la faute vient de l'etranger, du non national, et du non adoube par l'esprit bureaucraztique francais qui nous vient du temps des roi absolus, des contre-reformes, des purifications... meme s'ils n'en sont pas tous conscients, tous sont pris dans ces references cachees...). Dans ce temps ou ce systeme qui est construit sur des principes devenus totalement inverses de ceux qui fondent le mouvement dans lequel la planete entiere evolue, on arrive a une bifurcation, la globalisation eclaire les incoherences, les limites, les contradictions internes. Mais ce monde ancien est arrogant, il compte bien des defenseurs et a droite et a gauche pour les raisons evoquees plus haut, tous issus de ce monde clos, solidaires dans la caste! On a une logique telle celle de l'armateur du titanic qui veut a tout prix le record de traverse pour prouver au monde aveugle sa superiorite; helas la combinaison de l'arrogance de l'armateur, la culture hierarchique aveuglante du capitaine et de ces officiers, l'equipage reduit a l'execution stricte, cette conjonction funeste rend l'ensemble aveugle a la realite, deja la coque crisse sous l'impact de l'iceberg! Les passagers sont deja des victimes et tous n'en sont pas encore conscients!

Car voyez-vous le "grand secret" francais est un paradoxe, il n'y en a tout simplement pas et ceci est un secret!

 
At 12:13 PM, juillet 07, 2006, Blogger JDCh a dit...

A Marc,

les questions que vous posez en fin de commentaires sont les bonnes mais je ne comprends pas pourquoi vous me traitez de "poujadiste": ceci me paraît avoir une connotation "conservatrice" voire "réactionnaire" que j'ai du mal à endosser.

Denis Payre n'est pas "anecdotique" car il fut le co-fondateur d'une des très rares réussites françaises en matière de nouvelles technologies et l'on sait bien quelle importance l'économie de l'innovation a quand il s'agit de notre futur économique.

Ce n'est parce que Denis s'exprime (alors que beaucoup partis ou non ne souhaitent pas le faire) qu'il ne représente qu'un groupuscule...

 
At 2:58 PM, juillet 07, 2006, Anonymous Anonyme a dit...

Hypothese: si le meilleur moyen de reformer le systeme etait par le depart des plus entreprenants.

Ce n'est pas paradoxal du tout!

Rassurez-vous, vous n'etes pas suspect de poujadisme, ni de conservatisme; vous etes atypique!

La france est une terre fertile on y plante des fonctionnaires (pas des entrepreneurs-innovateurs) il y pousse des impots (il ne s'y developpe pas de croissance). Citation interessante qui date un peu, je veux dire qu'elle est vraie depuis longtemps, depuis le temps de Clemenceau!

Donc le raisonnement qui voudrait que ce machin soudainement change, que des interets passent de l'economie rentiere et fermee a celle ouverte et en croissance, ce raisonnement me semble relever des voeux pieux.

Certes cette entreprise, BO, est une reussite, mais dans le meme temps des francais tel Benhamou (3com), et qqs autres, ont choisi d'autres cieux, d'autres terres.

Ceci dit pour mettre en exergue la performance des fondateurs de BO et dire egalement tout ce qui fut perdu dans le meme temps.

Pour dire egalement tout ce qui se perd. Mais c'est peut etre le prix a payer pour a terme rendre obligatoire la refonte du systeme francais!

Si cette hypothese est vraie, ce qui suivant mes antennes semble etre, les entrepreneurs partants rendent un grand service: ils accelerent la venue de la reforme liberale.

 
At 12:10 PM, juillet 10, 2006, Anonymous Marc a dit...

Cher Jean-David,

Relisez-moi. Je parlais de la zone "commentaires" de votre blog, pas de votre post. Je trouve, et le commentaire qui suit tout de suite après le mien en est un exemple frappant, que le débat est trop souvent occulté sans avoir débuté du fait d'imprécateurs "anti-fonctionnaires-profiteurs". Ces derniers arrivent très exactement à l'effet inverse de ce qu'ils recherchent (le cherchent-ils vraiment?), à savoir qu'on ne peut pas ouvrir de discussion à blanc sur la situation de notre pays, la polarisation étant immédiate et le débat impossible.

Voilà. Moi qui suis un entrepreneur en "risque maximum", je ne suis pas forcément pour prendre la place des fonctionnaires. Je n'en ai pas envie...

 
At 4:18 PM, juillet 10, 2006, Anonymous Anonyme a dit...

@ marc

Personne ne doit prendre la place des fonctionnaires, simplement il y a mission légitime et la ok, et il y a tout le reste, la fonction publique debordant dans le domaine economique, une forme de chomage deguise.

Pas anti-fonctionnaire, mais anti debordement de l'Etat et donc anti fonctionnaire au sens de ceux qui sont pris dans cet abus de la chose publique avec toutes les derives evoquees et qui sont bien reelles et qui font que bien des activites sont polluees, soties de l'economie et ouverte a des derives lourdes... Ceci etant non innocent car cela pese qqs centaines de milliards d'Euros a ajouter au fameux rapport sur l'etat des finances. Ceci n'est pas innocent du tout car cela se traduira par des impots et des charges.

Pas de fete gratuite! Pas de secteurs immunises de ces charges! Vous paierez tous le prix des erreurs et des derives! Si vous aimez fort bien. Sinon? Vous exigerez que le prix de votre etat soit inferieur au prix des etat avec lesquels vous vous comparez et ensuite diminue du cout des erreurs et abus en question! Si bien que l'objectif de reduction doit tenir compte des reglements des erreurs de la gestion de l'economie mixte. Sinon? Bonne chance!

Entrepreneur a risque maximum egalement et depuis longtemps. Pas d'accord pour payer les erreurs et aveuglement de tout cet aeropage qui a vecu bien abrite et fort bien des derives de ce pays.

Pour information sur l'etat reel de ce pays un livre est reedite, tout y est:

Le mal Francais d'Alain Peyrefitte!

Le diagnostic d'Alain Peyrefitte n'a pas pris une ride, par Jean d'Ormesson

http://www.lefigaro.fr/debats/20060708.FIG000000471_mal_francais_le_diagnostic_d_alain_peyrefitte_n_a_pas_pris_une_ride.html

Errare humanum est perseverare diabolicum!

 
At 4:45 PM, juillet 10, 2006, Anonymous Anonyme a dit...

@marc Esperer ouvrir un debat avec des dogmatiques qui de plus defendent les conditions fondamentales d'existence de leur mangeoire me semble relever de l'angelisme.

Voila des decennies que ce "debat" est ouvert avec le succes que l'on sait.

Si vous ne voulez pas voir que vous etes arrives a un blocage semblable a celui connu par la Grande Bretagne juste avant M. Thatcher et qu'il faudra regler le probleme de la meme facon; comme identiquement avec les mineurs (fermer les mines), les systemes etatiques archaiques francais (fermer les organismes inutiles et redondants)! Mais la ou il y a difference c'est que la masse critique n'est pas reunie dans l'opinion. M. Thatcher avait du monde avec elle.

Ce pays est ruine! Les couts de l'economie mixte? Gigantesques et bien caches, lire notamment : http://chevallier.turgot.org/ lire les archives (notamment juin). Une vue totale de la dure realite sur laquelle il va faloir atterir? Comme le dit cet economiste, de l'argent non gagne circule en ce pays ce qui fausse tout. Je vais plus loin, des secteurs economiques en dependent totalement, l'illusion cree est totale, mais ce n'est pas "economique".

Si l'on met bout a bout la description faite par Jean David a laquelle je souscris a 100%, relative a l'economie "actuelle" celle qui evolue par l'innovation (et je suis un innovateur), si on ajoute les analyses citees dans ce blog de l'Institut Turgot, on mesure parfaitement le grand ecart!

Il va falloir un choix. Un declinisme acquis, un choix du declin ou bien la volonte de rentrer dans la course actuelle. Si le premier choix l'emporte, il devient evident que l'entrepreneur innovateur "s'exportera". Il est certes vrai qu'alors, les activites subventionnees pourront vivre une prolongation, les secteurs branches sur la depense publique faire des "affaires"... Mais ce sera reculer pour mieux sauter!

 
At 5:28 PM, juillet 10, 2006, Anonymous Anonyme a dit...

Je crois qu'il faut totalement separer ce qui releve de l'economie actuelle de ce qui releve de l'economie traditionnelle francaise dependante de la commande publique. Dependante de la commande publique car l'Etat et ses diverses declinaison recyclent 50% de la richesse creee. Une entreprise c'est un risque. Mais le risque est different dans la dependance de la commande publique et dans l'economie globalisee, faut-il le preciser.

Helas les memes mots couvrent des realites tres differentes.

D'ou difficulte de s'entendre. Entrepreneur? Quel rapport entre l'innovateur qui cree son activite et part aux USA et celui qui sait parfaitement les rouages du systeme des marches publics dans les activites "commodities"? Aucun! Meme mot, deux vies tres differentes. Comme identiquement parler d'une entreprise qui gagne sur et par des activites innovantes (telle Boeing) et parler apres des benefices de la SNCF decouplee de sa structure de defausement qu'est RFF, ou identiquement LCL decouple du Consortium de realisation (pour les specialistes), et il y a mille exemples... Comme identiquement des modes de comptabilisation ce qui demande des retraitements...

"on" voudrait bien que les choses changent mais tant d'interets sont en fait orientes dans le sens inverse, car le changement dans cet empilage de faux et de realites en demi-teintes reviendra a UN EFFET DOMINO. Ce fait est explicatif de la rigidification des positions en bien des milieux tant salariaux que patronaux, entre deux chaises ils sont assis demandant moins de charges et d'impots et demandnat egalement des commandes publiques. Tout ceci plaidant pour une autre donne, moins d'impots, moins d'interventions publiques et collectives et plus d'activites privees partout...

Revenons un peu en arriere, de quelques annees. Monsieur X, se leve, il allume sa lampe (EDF Etat), il se derige vers la cuisine dans son pyjama made in france (Accord multifibre subventions Etat Europe), il fait chauffer son cafe sur son gaz (GDF Etat). Il se rend a son bureau en Renault (Etat), se gare en proximite d'une gare du RER (Etat), et ce jour se rend a CDG (Etat) ou il prend un avion Airbus (Etat) de la compagnie Air France (Etat). Juste avant le depart il passe un coup de fils a sa femme par France Telecom (Etat)... Journee parfaite! A propos sur le site evoque plus haut http://chevallier.turgot.org/ sont decrits tous les retraitements a operer sur les organisatiopns citees.

Grand secret en effet comme le commentaire dit plus haut.

 

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