21 novembre 2006
par JDCh


GDF-Suez: Breton mal barré


La négociation finale sur la parité de fusion entre Suez et GDF est particulièrement amusante. Fixés initialement à 1 action Suez contre 1 action GDF, les terme du "deal" étaient simples (sans doute trop) mais l'affaire se complique avec l'introduction d'un dividende exceptionnel versé avant fusion aux actionnaires de Suez: envisagé d'abord à 1 euro, il a été porté à 3 euros hier et il semble que lesdits actionnaires de Suez (aussi bien Albert Frère, Eric Knight que Colette Neuville représentant les petits porteurs) réclament plus: 4 voire 6 ou 7 euros !

Le Comité d'entreprise de GDF ayant obtenu, par voie de justice, le report du Conseil d'administration de GDF qui devait voter la fusion avec Suez, le temps ne joue pas en faveur de notre Minefi qui n'a pas une position de négociation très enviable. Il a du faire voter une loi spécialement (avec les difficultés que l'on sait) pour que cette transaction ait lieu et voilà que ces maudits minoritaires de Suez pourraient tout faire capoter et qu'on leur donne un peu plus de temps pour faire monter la pression !

Les marchés financiers, d'ailleurs, pronostiquent une nouvelle concession de la part de l'Etat actionnaire à 80% de GDF puisque les 2 valeurs clôturent respectivement à 33.18 (GDF) et 36.48 (Suez) soit 3.30 euros de différence alors que Monsieur Breton a lancé, ce lundi, une forme d'ultimatum appelant à ne pas dépasser 3 euros ! Sinon la fusion ne se ferait pas ! Mon oeil !

Tout ceci tient de la péripétie quand on sait que l'Etat détiendra environ 35% d'un groupe GDF-Suez qui pèsera près de 80 milliards d'euros en bourse et que chaque euro de dividende ne pèse "que" la modique somme de 1.27 milliards d'euros finalement supportés pour un gros tiers sous forme de "manque à gagner" pour l'Etat (nous). Environ 450 millions d'euros par euro de dividende de "manque à gagner" soit sans doute au terme de la négociation, un, deux, voire trois milliards qui ne s'inscriront pas à l'actif de la Maison France (dont on sait qu'il n'est déjà pas beau à voir !).

Conclusions de tout cela:

  • le "deal" "1 action pour 1 action" était trop simple pour subsister: normal qu'il y ait un ajustement;

  • notre pauvre Minefi, bien que bon businessman, ne peut que prier le ciel pour que les actionnaires de Suez restent raisonnables: la non-fusion serait un échec politique qu'il ne peut pas se permettre et ils le savent...

  • il est plus facile de passer en force l'Assemblée Nationale qu'à l'Assemblée Générale des actionnaires de Suez : vive la démocratie capitaliste !

  • quand l'Etat fait du business, il n'est pas très crédible: vaudrait mieux qu'il arrête...

  • tout cela a été déclenché pour éviter que l'italien Enel ne mette la main sur Suez: c'est l'histoire du "sauveur qui a sauvé des gens qui ne voulaient pas être sauvés" !
Plus d'infos sur http://www.wikio.fr/search=



1 Comments:

At 6:24 PM, novembre 22, 2006, Anonymous Anonyme a dit...

Restons entre nous que diable, boutons ces estrangers hors du royaume... OU ... Quand le patriotisme economique le plus etroit se transforme en ringardisme le plus criant!

 

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