18 décembre 2006
par JDCh


Ca magouille pas mal à Paris-RATP...


Interview parue récemment sur l'excellent site des Contribuables Associés.

Des montants pas si énormes que cela, mais qu'est ce que ça magouille chez nos amis syndicalistes des transports parisiens ! ...

Ancien militant de SUD-RATP, William Voisin s’élève publiquement contre les dérives du syndicalisme à la française. Son « incompréhension » lui a valu d’être exclu par SUD. Témoignage

+ William Voisin, depuis combien de temps vous êtes-vous engagé dans l’action syndicale ?

Après avoir été délégué syndical Autonomes, j’ai fait reconnaître en 2001 le syndicat SUD-RATP, pour la première fois à l’échelon d’un département de la Régie, en l’espèce le département Sécurité. J’y ai défendu à la fois les intérêts du personnel et des usagers, en dénonçant les violences commises par certains agents sur des voyageurs et les conditions dangereuses dans lesquelles la RATP transporte ses clients, en contraignant les chauffeurs de bus à dépasser les limites de vitesse pour respecter les horaires.

+ Vous pouvez donc parler en connaissance de cause du comité d’entreprise de la RATP. Comment est-il financé ?

Aux termes de la loi, l’entreprise doit reverser au comité d’entreprise près de 3 % de sa masse salariale pour financer les activités sociales.
La RATP a mis en place un système décentralisé et répartit ces fonds entre dix comités d’établissement (dits «comités départementaux économiques et professionnels », ou CDEP). Ceux-ci en reversent eux-mêmes une partie au comité d’entreprise central (le « comité Régie entreprise » ou CRE). Le Code du travail prévoit cette possibilité, sous réserve de l’accord unanime des syndicats – qui n’a jamais été obtenu puisque, jusqu’en 2006, SUD n’a jamais été consulté… En dépit de cette irrégularité, la RATP a versé aux CDEP, en 2000-2001, environ 54 millions d’euros, qui auraient intégralement dû financer les œuvres sociales, via le CRE. Au lieu de quoi, les CDEP, qui sont gérés par les syndicats, ont conservé 6 millions d’euros sur cette somme, soi-disant pour financer le fonctionnement de ces mêmes syndicats… Il est permis de s’en étonner, puisque c’est à l’entreprise qu’il appartient légalement de procurer aux syndicats les moyens de fonctionner, ce qu’elle fait en leur fournissant effectivement des locaux, bureaux, téléphones, etc.

+ À quoi servent alors ces six millions d’euros ?

Ils sont répartis entre les dix comités d’établissement, au prorata du nombre de salariés qui en dépendent. L’établissement DSC, par exemple, qui regroupe différents départements de la RATP (sécurité, patrimoine, juridique…), recevait 600 000 euros. J’ai personnellement constaté en 2000 et 2001 – et pour autant que je sache, ces pratiques continuent –que les syndicats CGT et Autonomes, qui dirigent en cogestion le comité d’établissement de DSC, utilisent ces moyens pour « relever » leurs adhérents.

+ En quoi consistent ces relèves ?

Le Code du travail prévoit que les élus du comité d’établissement disposent d’un certain nombre d’heures de délégation (20 heures pour ceux de DSC). Ces «relèves», codées 090, sont payées par les CDEP. En théorie, il faut être élu ou membre d’une commission du CDEP pour en bénéficier. Dans les faits, ce n’est pas le cas: les syndicats relèvent à volonté leurs adhérents, élus ou pas. Ces pratiques, portent sur des dizaines de milliers d’euros, et constituent au moins un abus de confiance, car ces fonds ne sont pas utilisés à bon escient. Les syndicats courtisent ainsi leurs adhérents…

+ Il existe par ailleurs des « chèques-relève ». De quoi s’agit-il ?

C’est un autre procédé utilisé pour financer les syndicats. La RATP a instauré en 2001 un protocole d’accord sur le dialogue social et le droit syndical, qui leur alloue, au prorata des résultats obtenus aux élections professionnelles, un certain nombre de moyens pour leur permettre de fonctionner. Ces moyens ont représenté en 2005, pour le seul syndicat SUD, une valeur de 750000 euros, notamment octroyés sous forme de « chèques-relève ».
Si le syndicat n’a pas utilisé ces chèques-relève à la fin de l’année, il les restitue à la Régie, qui lui verse alors une somme correspondante en numéraire, dont il dispose à son gré. Depuis la mise en place de ce protocole, l’astuce consiste donc, pour les syndicats, à conserver les chèques-relève pour obtenir le plus d’argent possible à la fin de l’année. On détourne ainsi ces moyens de leur finalité première.

+ La RATP est-elle consciente de ces abus ?

La Régie sait parfaitement à quoi s’en tenir et achète par ce biais la paix sociale. Depuis la signature du protocole, le nombre des préavis de grève a chuté significativement. Ce n’est pas un hasard. J’ai dénoncé ces anomalies en 2001, mais ça n’a rien changé. Je m’apprêtais donc à déposer une plainte, à titre syndical, lorsque je me suis fait virer de SUD. Faut-il y chercher un rapport de cause à effet ?…

+ Qui fait les frais de ces dérives ?

On blouse à la fois le personnel, en détournant une partie de l’argent des œuvres sociales, et le contribuable, qui paye une grosse partie de la masse salariale en finançant le Syndicat des transport d’Île-de-France (STIF). De telles pratiques portent également tort à l’action syndicale. Si l’on essaie de me faire taire aujourd’hui, c’est parce que je l’ai constaté et dénoncé. Cela me vaut l’animosité, non seulement de mon employeur, mais aussi des syndicats – y compris de SUD, qui m’a exclu sans avertissement ainsi que cinq délégués du département Sécurité, qui m’ont suivi parce qu’ils me savent honnête.

Article extrait du Cri du Contribuable numéro 18



8 Comments:

At 6:59 PM, décembre 18, 2006, Anonymous Anonyme a dit...

Ah le cri du contribuable: excellente lecture!

Toutefois le pire n'est pas la. Il faut regarder les avantages consentis a des machins divers au sein des organisations etatiques EDF, Banque de France, etc... La vous verrez des chiffres etonnants comme le financement du parti de l'ex urss.

 
At 7:12 PM, décembre 18, 2006, Anonymous Anonyme a dit...

Je me souviens aussi d'un Village Vacance d'un célèbre opérateur historique de télécommunications français dans lequel les maisons à louer étaient réparties au prorata de la représentation syndicale, c'est-à-dire que leur attribution était contrôlée en fait par les syndicats qui achetaient ainsi leur clientèle. Pour les salariés de l'opérateur qui n'étaient pas dans les bons plans, le gérant avait mis en place un système de studios qu'il louait à titre personnel.

 
At 11:09 PM, décembre 18, 2006, Anonymous Anonyme a dit...

N'ayons pas peur des mots. Un système comme celui là : ça s'appelle une mafia. la RATP est aux mains de mafiosis, drpés derrière lalibi syndical

 
At 11:49 AM, décembre 19, 2006, Anonymous Anonyme a dit...

A propos, on n'entend plus parler des malversations imputées à la CGT à la SNCM (détournement des recettes des bars/restaurants à bord des bateaux, ventes de produits par les employés à leur seul profit) ?
Il avait même été question de harcélement sexuel sur des stagiaires...

Alors quoi ? c'était bidon ? Il y a une enquête en cours ? Ou bien le repreneur s'assure la paix sociale en laissant filer ?

 
At 1:19 PM, mars 06, 2007, Anonymous Bien informé a dit...

monsieur Voisin ,si vous le connaissiez ???

Il y a un peu plus de la moitié de vrai et le reste de délires ,mais bon ??

les chiens aboient la caravane passe

 
At 12:29 PM, octobre 22, 2007, Anonymous Anonyme a dit...

MR VOISIN EST PARTIE DU SAT CAR IL N'A PAS PU ETRE UN PERMANENT . AU SUD LA MEME CHOSE . IL A BIEN MANGER DE CETTE MERDE .

 
At 10:19 AM, novembre 17, 2007, Anonymous Anonyme a dit...

voisin pfffffffffff il a voulut etre permanent a SUS et comme il n y en a pas a SUD RATP il s est fait virer point barre

 
At 5:02 PM, juin 29, 2008, Anonymous Anonyme a dit...

rien de surprenant!
retour à l'anarcho-syndicalisme,
abolition des permanents et adieu la paix sociale!

 

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