11 mai 2007
par JDCh


Les Venture Capitalists devant le groupe Socialiste Européen

Le secrétaire général de l'EVCA (European Private Equity & Venture Capital Association) était devant le groupe socialiste (PES) du parlement Européen récemment. Je me suis permis ici de traduire son allocution de façon quasi-intégrale et d'y ajouter entre crochets mes commentaires (cf [ndr]). Je trouve que ce texte complète bien mes précédents "posts" sur le sujet (cf Ces méchants fonds... et La suite...).

Javier Echarri fait, sans doute, un chouïa de langue de bois mais, en tout cas, rectifie assez fermement les malentendus qui existent entre sa profession (qui est également la mienne) et les politiques Européens (Français ou non).

Président Nyrup
Madame la Présidente
Mesdames, Messieurs,

Tout d'abord je voudrais remercier les organisateurs pour l'audition de ce jour - le groupe socialiste du parlement Européen - d'inviter l'association des investisseurs de l'EVCA à participer.

Je représente ici environ 1.150 firmes d'investissement en Private Equity et Venture Capital [ndr: il n'existe pas de définitions canoniques des termes Private Equity et Venture Capital qui pris dans leur signification la plus large sont synonymes et désignent les investisseurs en capital - ie en actions - dans des société privées - à savoir non cotées sur les marchés boursiers. Parfois, on restreint le terme Private Equity aux opérations de rachat d'actions de type buy-out par opposition à la soucription d'actions nouvelles dans le cadre d'augmentations de capital appelée Venture Capital. On restreint encore parfois la signification de Venture Capital à capital-risque à savoir la soucription d'actions nouvelles dans des sociétés jeunes et innovantes.]. Ainsi les remarques que je vais faire représentent le point de vue des fonds de Private Equity et non des fonds alternatifs [ndr: les fameux hedge funds qui interviennent très majoritairement sur les marchés boursiers]. Il est dans les convictions de mon organisation que le dialogue que nous avons aujourd'hui est vital pour dissiper certains malentendus qui passent pour des vérités et qui concernent les investissements en Private Equity. J'ai écouté attentivement les remarques faites ce jour et je suis prêt à travailler avec quiconque ici afin de m'assurer que les faits concernant l'industrie du Private Equity soient présentés correctement dans le futur.

Je démarrerais mon allocution en accueillant positivement l'affirmation faite par les auteurs du rapport présenté ici par laquelle ils indiquent que les fonds de Private Equity contribuent à faire fonctionner les marchés de capitaux de façon plus efficace en rendant plus pro-actifs des gestionnaires d'entreprises un peu passifs et en assurant un retour à leurs investisseurs, fonds de pension... [ndr: la majorité des sociétés d'investissement en Private Equity gèrent de l'argent pour "compte de tiers". Ils lèvent cet argent auprès d'investisseurs institutionnels comme les fonds de pension, les compagnies d'assurance, les banques, les family offices... Ils font travailler cet argent pour le compte de ces investisseurs, prennent des frais de gestion et sont incentivés sur une part des plus-values réalisées]

Je ne peux qu'être d'accord.

Je voudrais ajouter à ce point le fait que le Private Equity est également la source de financement la plus primordiale pour les start-ups et les entreprises de croissance [ndr: ici, Javier Echarri veut dissiper l'idée que le Private Equity ne concerne que les opérations de buy-out appelées également capital-transmission]. Le secteur du Private Equity a entraîné dans le passé et continuera dans le futur à préparer les entreprises Européennes à participer à la compétition mondialisée. C'est notre façon de contribuer à l'agenda de Lisbonne.

Dans la compétition de plus en plus sévère et les réalités du business, il y a quelque chose que nous ne pouvons pas ne pas regarder, ni nous, ni les auteurs de ce rapport, ni bien sûr le groupe Socialiste. Nous savons de quelle économie très réelle nous parlons parce que nous la vivons et nous y risquons nos investissements.

Laissez moi m'attarder un moment sur le concept d'une "Europe de l'excellence". Il s'agit d'un concept en faveur duquel le rapport milite fortement et pour lequel nous militons également fortement au travers de nos investissements dans des sociétés Européennes à chacune des étapes de leur développement: start-ups, phase d'expansion et situations plus matures [ndr: A nouveau, Javier Echarri insiste sur le fait qu'il représente le capital-risque, le capital-développement, le capital-retournement et le capital-transmission]. Nous voulons une Europe plus forte et nos actions sont en accord avec nos mots:
  • nous avons investi 50 milliards d'euros en 2006. Nous investirons encore 50 à 60 milliards d'euros [ndr: le déficit annuel du budget de l'Etat Français est d'environ 40 milliards... cela donne un bon ordre de grandeur] cette année
  • 16 milliards ont été investis en Venture Capital [ndr: il veut, sans doute, dire que la part en augmentation de capital versus rachat d'actions représente 16 des 50 milliards concernés. Ce qui signifie qu'un tiers de l'argent investi va dans les entreprises alors que les deux autres tiers vont aux actionnaires cédant leurs actions]
  • L'année dernière 8000 entreprises Européennes ont reçu des investissements de la part de l'industrie du Private Equity
  • 93% de cette entreprises ont moins de 500 salariés
  • Et -notez bien cela - la période de détention moyenne par nos fonds est de 4 ans.

C'est notre façon de rendre l'Europe meilleure: en revigorant la compétitivité des entreprises Européennes.

Laissez moi clarifier quelques points à propos du rapport:

1/ Les auteurs du rapport nous ont indiqué que leur travail n'est pas fondé sur des sentiments ou sur une perspective particulière du PES mais sur des faits, comme une réponse à ce qu'ils considèrent comme un biais, la création de l'"Alternative Investment Expert Group" de la Commission [ndr: la Commission de Bruxelles a créé ce groupe qui porte mal son nom et qui a conclu favorablement sur le rôle positif du Private Equity en Europe].

Le biais dans le rapport que nous regardons aujourd'hui est pourtant encore plus important. Il ne s'intéresse qu'aux transactions de buy-out les plus importantes qui représentent 1% des entreprises financées par le Private Equity. De plus, chaque cas est présenté de façon négative même si les données financières et la variété des cas permettent une lecture plus équilibrée.

Parmi les 21 cas présentés:

  • 1/3, soit 7, n'ont aucun lien avec le Private Equity. Il s'agit de fonds alternatifs [ndr: hedge funds] ou de pures opérations de fusion-acquisitions [ndr: opérations de rachat ou de fusion faite par des entreprises traditionnelles dans lesquelles les fonds de Private Equity n'étaient pas acteurs]
  • 1/3, à nouveau 7, ont eu une issue positive ou neutre
  • 3 transactions concernent des entreprises qui étaient au bord de la faillite évitée par le financement en Private Equity [ndr: comprendre ici que, si des investisseurs en retournement investissent dans une société en mauvaise santé, la survie de l'entreprise est assurée par ce seul investissement -sinon ç'aurait été la faillite- et les investisseurs ne peuvent être considérés comme responsables des difficultés antérieures rencontrées par l'entreprise]
  • Les 4 derniers cas sont effectivement difficiles et sont rapportés correctement dans le rapport.

Nous, à l'EVCA, aurions accueilli positivement l'opportunité de corriger ce biais ou tout simplement d'avoir pu contribuer avec notre point de vue de professionnels. Néanmoins, comme il semble que le train a quitté la gare, laissez moi vous assurer que nous sommes là si vous avez besoin d'informations factuelles pour des mises à jour futures de ce rapport. A nouveau: nous connaissons notre métier, merci de vous tourner vers nous pour obtenir des éclaircissements.

2/ En terme de présentations factuelles faites dans le rapport, je voudrais apporter un peu de lumière sur les points cruciaux suivants:

Le rapport indique que Private Equity signifie perte d'emplois.

Ceci n'est pas vrai.

Les fonds de Private Equity ont créé un total net de 1 million d'emplois en Europe de 2000 à 2005. Ce chiffre est NET de toute coupe dans les effectifs [ndr: à savoir en ayant retiré le nombre d'emplois détruits lors d'opérations de restructuration ou de retournement]. De nombreuses études académiques ont confirmé ce point. Laissez-moi juste citer un exemple: les résultats de l'enquête "Sunday Times Buyout Track 100" produite en conjonction avec Deloitte, qui inclut 10 des plus grosses entreprises financées par le Private Equity et qui a été publiée le 18 Février 2007. Les profits additionnés de ces 100 entreprises représentent un total de 1,2 milliards de livres sterling [ndr: Javier Echarri parle souvent de profits car la valeur d'une entreprise est fonction de ses profits actuels et futurs] et elles emploient au total 95.695 salariés et ont créé plus de 18.000 emplois dans les deux dernières années (19%).

Le Private Equity investit dans une variété importante d'entreprises, certaines sont en très mauvaise santé ou mal gérées. Les décisions nécessaires dans ces sociétés y sont souvent difficiles et les résultats ne sont visibles qu'après quelques années. le Private Equity n'investit pas seulement dans quelques cas très visibles qui ont été cités aujourd'hui. Je me répète: 8000 entreprises Européennes ont reçu un investissement de la part de nos membres durant l'année dernière. Ceci est un fait.

Le rapport déclare que les investissements sont basés essentiellement sur de la dette [ndr: le fameux "effet de levier" qui représente en général moins de la moitié de la valeur créée entre un investissement et une cession] et qu'il s'agit d'une stratégie à part entière de la part des investisseurs.

A nouveau: ceci n'est pas exact.

La dette est un outil dans le processus d'investissement mais n'est pas une fin en soit. Il y a différents cycles économiques qui requièrent, de notre part, d'utiliser des outils différents à des moments différents, et la dette a été durant la période récente un outil efficace quand les taux d'intérêt ont baissé. Le monde de l'entreprise traditionnelle a d'ailleurs suivi la même route comme il est montré dans le cas présenté de Telecom Italia - qui n'est pas une opération de Private Equity mais une pure opération traditionnelle de fusion-acquisition [ndr: Il veut insister sur le fait que l'endettement est un outil utilisable et utilisé par les entreprises traditionnelles telle que Olivetti dans le cas présent] - par lequel Olivetti a financé son acquisition via un fort endettement. Nous pourrions dans le futur choisir de ne plus utiliser la dette comme outil. Les cycles économiques pourraient nous obliger à utiliser de nouvelles méthodes de financement. Le point est que nous restons flexibles afin de répondre à toutes les conditions que l'économie pourrait nous imposer [ndr: si les taux d'intérêt montent, la dette sera moins utilisée].

Le rapport critique l'utilisation de différents fonds pour nos investissements [ndr: à cause des disparités fiscales importantes entre tous les pays de l'UE en matière de fiscalité des plus-values, les fonds adoptent des structures complexes avec des véhicules locaux et d'autres plus globaux afin d'optimiser la fiscalité de leurs investisseurs institutionnels et/ou de leurs gestionnaires].

Dois-je vous rappeler que, nous, les professionnels du Private Equity - et nos investisseurs (institutions comme les fonds de pension, les compagnies d'assurance, les banques...) - avons pendant les dernières années demandé à la Commission de mettre en place une structure de fonds pan-européen. Le fait est, qu'à l'heure où je vous parle, il n'existe aucune structure disponible dans aucun pays de l'Union Européenne qui autorise des levées de fonds internationales efficaces et qui permettent de déployer des investissements au sein de l'Union Européenne depuis un simple véhicule. Eviter les doubles taxations et autoriser les investissements trans-frontières est le minimum qu'un marché unique Européen devrait offrir, et ce n'est pas le cas pour le Private Equity aujurd'hui.

Le rapport semble indiquer que tous les investissements de buy-out mènent à un délisting des entreprises concernées [ndr: le Private Equity investit rarement dans des sociétés cotées en bourse sauf à ce qu'il pense qu'un retrait de cote soit possible et permette à l'entreprise de se mettre à l'abri des contraintes des marchés boursiers ou qu'une gouvernance meilleure qu'il apporterait à l'entreprise lui permettrait d'affronter les marchés boursiers dans de bien meilleures conditions].

Ceci est une courte vue de ce qui se passe réellement. Parmi les 8000 sociétés dans lesquelles nous avons investi, 16 cas étaient des retraits de cote.

Ce n'est ni bon, ni mauvais à vrai dire. Nous pensons que les marchés boursiers ne sont pas toujours le meilleur lieu pour des entreprises à chaque moment de leurs cycles de vie. Le Private Equity interagit et continuera à interagir fréquemment avec les marchés boursiers et il a besoin qu'ils fonctionnent bien.

Laissez-moi vous donner 2 exemples concrets et actuels de re-listing d'entreprises qui sont devenues des leaders mondiaux dans leurs marchés pendant leurs périodes de détention par le Private Equity.

REXEL leader mondial de la distribution de composants électriques. La société a été retirée de la cote en 2004 après un investissement de type Private Equity. Il sera à nouveau coté la semaine prochaine. Les salariés recevront 3,5% des actions.

SMURFIT-KAPPA est un leader mondial dans la production d'emballage à base de papier. L'entreprise a été délistée en 2001 après un investissement majeur, et cotée à nouveau en 2006.

Je pourrais donner de très nombreux autres exemples. Ainsi une image beaucoup plus nuancée que celle noire ou blanche présentée dans le rapport.

Maintenant une question cruciale: y-a-t-il besoin de plus de réglementation ?

Mais afin d'être parfaitement clair sur l'objectif de notre métier: nous gérons des actifs et nous faisons des investissements pour le compte de nos clients qui sont des fonds de pension et des assureurs parmi d'autres. Ils visent un retour sur investissement et nous leur apportons cela. C'est la raison de leurs investissements.

Comme gestionnaires d'actifs, il est un fait que des mécanismes lourds de contrôle et des réglementations s'imposent dans toute l'Europe au Private Equity. Ainsi clairement les auteurs du rapport n'ont pas fait correctement son travail sur ce point.

Chaque régulateur national fait ses propres demandes auprès de la profession du Private Equity. Voici la liste des autorités auxquelles nous répondons dans les différents états-membres, pour vous donner une idée du contexte dans lequel nous évoluons:

  • Grande Bretagne: FSA (Financial Services Authority), accréditation et supervision
  • France: AMF (Autorité des Marchés Financiers), accréditation et supervision
  • Espagne: CNMV (Comision Nacional des Mercado de Valores), accréditation et supervision,
  • Pays-Bas: AFM (Autoriteit Financiele Markten), supervision
  • Allemagne BaFin (Bundesanstalt für Finanzdiesntleistungsaufsicht), supervision
  • [ndr: je vous passe les 22 autres]

En plus de cela, la profession du Private Equity s'impose ses propres règles à elle-même. Ces règles concernent les valorisation des portefeuilles, le reporting aux investisseurs et la gouvernance d'entreprise. De plus, tous nos 1.150 membres, sont tenus par un code de conduite qu'ils ont signé. C'est une condition préalable à l'adhésion à l'EVCA.

Je vous laisse juge mais, pour moi, ce n'est pas ce que j'appelerais un secteur opaque et non-régulé. Certains d'entre vous peuvent croire que, plus le Private Equity joue un rôle important dans l'économie, plus le besoin de transparence est important. C'est un point valide et la profession n'est pas contre une étude de cela. Vous êtes probablement déjà au courant du travail lancé par un groupe d'experts indépendants mené par Sir David Walker au Royaume Uni [ndr: la BVCA équivalent Britannique de l'EVCA ou de l'AFIC en France a mandaté un groupe d'experts dirigé par Sir David Walker ancien directeur de la Banque d'Angleterre pour discuter avec le gouvernement Britannique sur les améliorations possibles de la communication et de la transparence des professionnels du Private Equity avec les autorités et plus largement le public].

J'ajouterais que le débat entier à propos du fait d'imposer plus de réglementation et de contrôle sur le Private Equity me semble être en parfaite contradiction avec les tentatives de l'Union Européenne de supprimer de la paperasserie administrative. Moins de paperasserie signifie plus de croissance, ce qui veut dire plus d'emplois.

Je finirais en commentant une des conclusions importantes du rapport: que nous avons besoin d'une économie de marché sociale plutôt que d'une économie de marché financière.

Je suggérerais que nous avons besoin d'une économie de marché viable. Une économie qui offre une large place aux entreprises qui opèrent de façon responsable. L'EVCA et ses membres mais aussi nos investisseurs institutionnels sont nécessaires pour créer une économie de marché viable.

  • Fitness First: plus grand opérateur de clubs de gym dans le monde, 400 clubs dans 15 pays. Une opération de retrait de côte menée par Cinven et un buy-out secondaire [ndr: on parle de secondaire lorsqu'un fonds revend à une autre fonds] par BC Partners en novembre 2005. Nombre de salariés: de 7.340 en 2002 à 13.500 en 2006, chiffre d'affaires doublé à plus de £400m, résultat d'exploitation à +85% comparé à 2002, base de membres: de 720.000 à 1.160.000.
  • Gala Coral: Leader Européen du casino et des jeux. Premier buy-out tertiaire [ndr: un fonds ayant racheté en secondaire revend à un troisième fonds] en Grande Bretagne. En 2000 par CSFB, en 2003 par Candover et Cinven, en 2005 par Permira. Résultat d'exploitation de £109m en 2000 à £400m en 2006, impôts payés en 2006 £267m, nombre de salariés: 11.500 en 2000 et 18.000 en 2006.
  • Marazzi: leader mondial de la céramique. Racheté par Permira, Private Equity Partners et la famille Marazzi en 2004. Entrée en bourse en Février 2006. Les fonds de Private Equity sont sortis en Février 2007. Résultat d'exploitation de 12,6% en 2003 à 18,5% en 2006, rapport dette sur EBITDA de 2,5 à 1,4, nombre de salariés 6.370.

Ainsi quand les auteurs du rapport finissent en demandant dans quelle mesure la profession du Private Equity se conforme et contribue positivement, efficacement, sur le long terme aux marchés de capitaux, ma réponse est très simple: nous rendons les entreprises plus compétitives. Nous avons créé 1 millions d'emplois deuis 2000. C'est la manière dont nous participons à l'agenda de Lisbonne.

Merci.

Retrouver la version originale intégrale sur le site de l'EVCA.



5 Comments:

At 4:21 PM, janvier 02, 2008, Anonymous Anonyme a dit...

Je suis désolé de vous dire cela mais votre blog est en effet plus "sans prétention" que "pédagogique". Présenter le cas Marazzi comme un succès... Si diviser la valeur de son action en bourse par 2 en 6 mois est un succès alors vous êtes un maitre en la question.

 
At 4:57 PM, janvier 02, 2008, Blogger JDCh a dit...

Le "post" est une traduction.
Ce n'est pas moi qui parle mais Javier Echarri...
Vous noterez par ailleurs que les fonds Permira sont sortis en Février 2007 et que le cours a dévissé en Juillet, difficile de leur imputer la chose...

 
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